Rejet de la motion de censure contre le Gouvernement

La motion de censure déposée à l’Assemblée nationale contre le gouvernement de François Fillon a été rejetée le 8 avril.

 

La motion de censure, ciblée sur la politique étrangère de la France, n’a recueilli que 227 voix, loin de la majorité actuellement requise de 288 voix.

- Le discours de François Fillon à l’Assemblée nationale (1ere partie),

- Le discours de François Fillon à l’Assemblée nationale (2e partie),

« Depuis 2001, les efforts de la communauté internationale, des autorités locales et du peuple afghan ont commencé à porter leurs fruits », a rappelé François Fillon dans son discours devant les députés. Institutions plus démocratiques, droits des femmes, accès à l’éducation et aux soins, projets de développement, constitution d’une force armée et d’une police afghanes… sur tous ces sujets, la situation n’est plus comparable avec ce qu’elle était avant l’intervention des alliés.

« Depuis la fin de l’année 2006, la situation sécuritaire en Afghanistan s’est tendue, a expliqué le Premier ministre. Les sollicitations de nos alliés pour étoffer le dispositif militaire se sont alors multipliées, émanant de nos partenaires européens et de nos amis canadiens qui ont 3 400 hommes sur le terrain. La France en a pris acte. Mais la France n’a pas souhaité s’engager davantage sans conditions, ni sans clarification de la stratégie politico-militaire de la coalition. »

« Quatorze de nos soldats sont déjà tombés. La paix a un prix et nous l’assumons, mais selon des modalités et des buts dont nous entendons demeurer les maîtres, a insisté François Fillon. Nous évaluons les risques auxquels nos forces sont et seront soumises et nous nous tenons à nos objectifs : sécuriser, reconstruire, responsabiliser les autorités afghanes afin de leur transmettre le flambeau de la paix et l’étendard de leur souveraineté nationale. »

Les conditions de l’engagement de la France en Afghanistan

« Le 26 février dernier, a rappelé François Fillon, le président de la République a écrit à ses homologues de l’OTAN pour indiquer les conditions de la France :

- l’adoption d’une stratégie politique partagée ;
- la confirmation par les alliés de leur détermination à maintenir leur effort dans la durée ;
- la coordination accrue des efforts civils et militaires sur le terrain ;
- l’accroissement de l’effort de formation des forces de sécurité afghane afin de permettre une véritable « afghanisation » de la sécurité du pays, c’est à dire la prise en charge par les Afghans de leur propre sécurité, qui dessine l’autonomie de l’État afghan et donc l’horizon de notre retrait.

Ce sont ces quatre conditions qui ont été débattues et validées à Bucarest, en présence du Président Karzaï et du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-Moon. »

Un bataillon supplémentaire de 700 hommes

« Comme l’a indiqué le Président de la République, la France déploiera donc, à partir de l’été, un bataillon supplémentaire de 700 hommes. La cohérence du dispositif est garantie. En effet, ce bataillon stationnera en région Est où se trouvent déjà un certain nombre de nos forces, à proximité de la région de Kaboul. Ce déploiement permettra aux Canadiens, présents dans le Sud, de recevoir le renfort qu’ils attendaient des Américains. »

« La France prendra de surcroît le commandement de la région Centre à compter de cet été. Avec 1 600 hommes déjà sur le terrain, notre pays disposera d’une force de 2 300 militaires, qui la placera au 5ème rang des contributeurs de la force internationale d’assistance et de sécurité. »

« Notre cause en Afghanistan est suffisamment juste et difficile, pour ne pas se prêter à des interprétations partisanes », a insisté le Premier ministre. En 2001, le Président Jacques Chirac et le Premier ministre Lionel Jospin engagèrent des forces françaises en Afghanistan dans le cadre de l’opération Liberté immuable. C’est sous l’autorité d’Hubert Védrine que la diplomatie française soutint l’adoption de la résolution 1386 créant la Force Internationale d’Assistance et de Sécurité.

Dès 2001, a insisté le Premier ministre, la mission des forces françaises n’était pas humanitaire mais militaire. « Dès l’origine, les premières opérations aériennes sur le théâtre ont été réalisées par les Mirage IV et nos avions du groupe aéronaval dès la fin de 2001. Nos moyens terrestres ont été déployés dès le début de 2002. Et parmi eux, figuraient 200 membres des forces spéciales qui, durant 4 ans, ont été engagés dans le Sud du pays, c’est-à-dire dans la zone la plus dangereuse. On est loin de l’opération strictement humanitaire qui est défendue par une partie de l’opposition. »

Relations avec les Etats-Unis

« Les États-unis sont nos amis et nos alliés. De la crise de Cuba à la 1ère guerre en Irak, de la crise des euromissiles au 11 septembre 2001, la France ne s’est jamais départie de cette amitié. « La France est un ami debout, un allié indépendant, un partenaire libre » : ce sont les mots du Président de la République lors de sa venue au Congrès des États-unis, le 7 novembre 2007. »

« La France, alliée mais pas vassale, solidaire mais pas subordonnée : voilà la nature de notre relation avec l’Amérique, dont les valeurs nous sont si proches, mais dont les objectifs nous distinguent parfois. Ils nous distinguèrent lors de la seconde guerre en Irak. Ils nous distinguent aujourd’hui sur le réchauffement climatique, sur l’organisation du commerce mondial, sur la position de l’Union européenne vis à vis de l’adhésion de la Turquie, sur l’évolution même de l’Alliance atlantique sur laquelle le débat ne fait que commencer. »

OTAN et Europe de la défense

« [...] Depuis les accords de Saint-Malo, l’Europe de la défense reste très en deçà de ce qu’elle devrait être, pour ne pas dire que l’Europe de la défense est en réalité en panne. »

« La raison en est simple, et elle n’est pas nouvelle. Pour nos principaux partenaires européens, un pas de plus vers l’Europe de la défense, c’est un pas en arrière dans l’OTAN. Et c’est cette crainte qui a si longtemps inhibé les initiatives. »

« Faut-il, pour cela, renoncer à bâtir une défense européenne ?
Le Président de la République ne s’y résigne pas. C’est la raison pour laquelle il s’est efforcé de créer les conditions d’un partenariat plus étroit avec le Royaume Uni, et pour laquelle il a présenté, à Bucarest, un pari sur l’avenir : la France pourrait rénover sa relation avec l’OTAN dès lors et sous réserve que l’Europe de la défense avance sérieusement. »

« Au sein de l’Alliance, notre nation fait entendre une voix singulière.
Pour la France, l’OTAN doit être un instrument du droit international et non pas l’outil d’un interventionnisme unilatéral.
Pour la France, une OTAN rénovée est compatible avec une Europe de la défense renforcée. A Bucarest, sous l’impulsion de Nicolas Sarkozy, l’OTAN et les Etats-Unis ont admis, pour la première fois, l’apport que représenterait une Europe de la défense plus forte et plus performante.
La France milite pour une OTAN plus souple, plus flexible, dont les moyens militaires puissent être mobilisés par l’Union européenne.
La France, dans cet esprit, contribue à la rédaction d’un concept stratégique qui sera débattu lors du prochain sommet de l’OTAN, organisé conjointement par la France et l’Allemagne en 2009 à Strasbourg et à Kehl.
La France insiste enfin – comme elle l’a fait avec force à Bucarest en pleine harmonie avec son partenaire allemand – sur la nécessité de respecter la Russie. »

Leave a Reply