La ministre de l’Economie, de l’Industrie et de l’Emploi a présenté, le 26 mars, la nouvelle équipe de Bercy, qui compte désormais quatre secrétaires d’Etat. La ministre a prononcé un discours autour de deux mots d’ordre : la croissance et l’emploi.
Christine Lagarde a expliqué les axes de sa politique en faveur de la croissance et de l’emploi et présenté un calendrier prévisionnel des quatre grandes réformes menées par son ministère en 2008 (voir le calendrier prévisionnel, sur le site de Bercy). Elle a aussi présenté la cohérence de sa nouvelle équipe ministérielle, composée de quatre secrétaires d’Etat :
Laurent Wauquiez est chargé de l’Emploi.
Luc Chatel est chargé de l’Industrie et de la Consommation. Il exerce en outre les fonctions de porte-parole du Gouvernement.
Hervé Novelli est chargé du Commerce, de l’Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme et des Services.
Anne-Marie Idrac est chargée du Commerce extérieur.
Une stratégie face à la crise financière internationale
La France résiste à la crise financière internationale et « son économie réelle se porte plutôt bien », a-t-elle rappelé, même si le Gouvernement a annoncé une légère baisse de sa prévision de croissance pour 2008. Comme François Fillon, la ministre a précisé que la France tablait désormais sur une progression du PIB comprise entre 1,7 % et 2 % pour 2008, alors que le budget a été établi à partir d’une hypothèse médiane de croissance de 2,25 %.
« Cela paraît un chiffre raisonnable compte tenu des incertitudes internationales et des bonnes performances de l’économie française », a-t-elle souligné. La volatilité actuelle des taux de change et le niveau du dollar, qui permettent malgré tout à la France de limiter la hausse de la facture pétrolière, constituent un risque pour la croissance française, a-t-elle indiqué.
Pour la ministre, les turbulences observées sur les marchés financiers appellent deux types de réponses :
Sur le plan national, c’est « la qualité de la supervision et la solidité du système financier français qui nous permettent de bien résister aux tensions actuelles sur les marchés financiers ».
Sur le plan international, des changements dans la régulation des marchés financiers sont essentiels pour rétablir la confiance des investisseurs dans les marchés et normaliser la situation.
Dès octobre 2007, sous l’impulsion du président de la République, la ministre avait proposé aux partenaires de la France un diagnostic et des propositions pour :
renforcer la transparence sur les produits structurés,
durcir les règles applicables aux agences de notation, – réformer les règles bancaires internationales de gestion du risque de liquidité,
mieux réguler la distribution de crédit notamment aux Etats-Unis.
Bonne résistance de l’économie française
Les premiers chiffres du début 2008 « confirment la solidité » de l’économie française, a aussi rappelé Christine Lagarde (voir l’article du 21 mars 2008, sur ce site), citant le rebond de la consommation des ménages en février (+1,2% par rapport à janvier), les créations d’entreprise (30 000 en février) et le moral des industriels, en hausse en mars. « J’attends demain [le 27 mars] avec optimisme les nouveaux chiffres du chômage » de l’ANPE, a poursuivi Christine Lagarde.
Le « paquet fiscal » voté l’été dernier a contribué à la bonne orientation de la conjoncture française. Le dispositif en faveur des heures supplémentaires est aujourd’hui utilisé par plus de 500 000 entreprises et 54 % des entreprises de plus de 10 salariés y ont eu recours en janvier 2008. Plusieurs autres mesures y contribuent :
le crédit d’impôt sur les intérêts d’emprunt ;
l’exonération des droits de succession, jusqu’à 150 000 euros par enfant, concerne 95 % des successions ;
les donations facilitées au sein des familles connaissent un vif succès et représentent déjà plus d’un milliard d’euros depuis octobre 2007.