Le Premier ministre souhaite une alliance franco-américaine solide pour contrecarrer la crise économique

Le Premier ministre, en visite à Washington les 1er et 2 mai, a appelé à une alliance franco-américaine solide pour faire face aux désordres du monde et contrecarrer la crise économique. François Fillon a maintenu les prévisions économiques françaises pour 2008 tout en admettant que la « crise économique » américaine a incontestablement un impact sur la croissance hexagonale qui pourrait perdurer.

« La France et l’Europe sont dans une situation intermédiaire. Nos fondamentaux sont globalement sains mais (…) il est incontestable que quand l’économie américaine ne va pas bien, l’ensemble de l’économie mondiale s’en ressent et tout particulièrement l’économie européenne », avait indiqué dans la matinée le chef du Gouvernement.

Il a rappelé que les échanges entre les Etats-Unis et l’Europe représentaient 40% du commerce mondial et 14 millions d’emplois. « C’est une situation préoccupante », a-t-il jugé.

Mettre en oeuvre les mesures décidées par le G7 finances et le FMI
Pour en limiter les effets, le Premier ministre a rappelé qu’il « était absolument essentiel de mettre un terme aux turbulences financières actuelles », en référence à la crise des subprimes, en appelant à la mise en oeuvre des mesures décidées mi-avril par le G7 finances et le FMI.
Les deux organisations ont mis en demeure les banques internationales de faire la lumière sur leurs pertes potentielles et ce dans un délai inédit de 1OO jours.

Mettre fin à la volatilité de la monnaie américaine
Quant à la surévaluation de la monnaie européenne, le chef du Gouvernement a affirmé que « la zone euro ne peut pas supporter seule le poids de l’ajustement de toutes les monnaies ». « La forte volatilité des monnaies représente un danger pour l’Europe, pour les Etats-Unis, pour l’économie mondiale », a-t-il insisté. François Fillon a fait passer ce « message » au patron de la banque centrale américaine (Fed) Ben Bernanke, au secrétaire au Trésor Henry Paulson et au directeur général du Fonds monétaire international, Dominique Strauss-Kahn qu’il a rencontré le 2 mai.

Le 2 mai dans la matinée, le Premier ministre s’est entretenu avec des chefs d’entreprises américains de la finance et de l’industrie afin notamment de leur exposer les réformes lancées depuis un an, qui ont déjà permis d’amortir les conséquences de la crise économique.

La France dispose de facteurs de résistance nombreux
La France dispose de « facteurs de résistance nombreux », a souligné le Premier ministre, parmi lesquels une situation financière des ménages et des entreprises « beaucoup plus saine en France qu’aux Etats-Unis » et une demande intérieure soutenue. Malgré une hausse en mars, le marché du travail reste lui aussi dynamique. L’inflation, actuellement à 3,2%, reste néanmoins contenue.

Arrivé jeudi soir à l’occasion du dîner de gala du Comité des Américains Juifs, François Fillon avait adressé un « message d’amitié au peuple américain » dans la droite ligne de la visite de Nicolas Sarkozy en novembre, appelant à « une alliance [franco-américaine] solide » notamment pour contrecarrer la crise économique.

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